Trouver un problème à chaque solution : comprendre la névrose d’échec
- Syphax HADJAL
- 13 avr.
- 2 min de lecture
En psychanalyse, on parle parfois de névrose d’échec pour décrire une situation paradoxale : certaines personnes semblent saboter leur propre réussite. Dès qu’une solution apparaît, un nouveau problème surgit. Comme si réussir devenait, inconsciemment, difficile à supporter.
Pour comprendre ce phénomène, il faut remonter aux travaux de S. Freud. Dans son ouvrage Au-delà du principe de plaisir, il décrit ce qu’il appelle la compulsion de répétition : une tendance inconsciente à répéter des situations douloureuses, même lorsqu’elles nous font souffrir.
Autrement dit, certaines personnes rejouent sans le vouloir des scénarios d’échec, de conflit ou de déception. Non pas parce qu’elles le souhaitent consciemment, mais parce que ces situations leur sont familières.
En effet, beaucoup de personnes ont grandi dans des environnements marqués par l’insécurité, les tensions ou les conflits. Quand on a longtemps vécu dans ce climat, le psychisme s’y adapte. Le conflit devient presque un repère intérieur.
Plus tard, lorsque la vie devient plus stable, une relation saine, une réussite professionnelle, une période plus calme, cette tranquillité peut paradoxalement créer un malaise. Le calme peut sembler étrange, voire inquiétant.
La névrose d’échec n’est donc pas un manque de volonté ni une simple peur de réussir. Elle renvoie plutôt à une logique inconsciente : rester fidèle à un mode de fonctionnement ancien.
Paradoxalement, il peut être psychiquement plus rassurant de rester dans un inconfort familier que de s’aventurer dans une vie plus apaisée mais inconnue.
Le travail thérapeutique consiste justement à rendre ces mécanismes visibles. Peu à peu, le sujet peut alors se libérer de ces répétitions et apprendre à tolérer et même à habiter une vie moins dominée par le conflit.
Syphax Hadjal - Psychologue clinicien
14 allée Léon Gambetta, 13001 Marseille.





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